Nous contacter


Notre Vision de l'art

Si l’on essayait de donner une définition brève de la crise de l’art aujourd’hui, je crois que la meilleure consisterait à dire que l’art ne peut plus emprunter au religieux et qu’il doit inventer par lui-même les moyens de ce commerce avec l’invisible, uniquement à partir de son propre fonds, ce qui est évidemment une tâche redoutable.

« L’éclipse du religieux rend la tâche de l’art beaucoup plus difficile mais en même temps le rend encore plus irremplaçable. » Marcel Gauchet (philosophe)

« Quand au grand poète, au grand peintre, au grand sculpteur, grand musicien, ils sont, comme des prêtres éternels de l'humanité, sans cesse en train d’unir l’homme à lui-même, à ses origine et à son futur ». C. Jinarajadasa.

« Ce pouvoir d’union que possède l’art est une force jusqu’à présent assez peu comprise des hommes. lorsque tout dans la civilisation sera instinctivement artistique, le manque de charité, de sympathie, devront inévitablement disparaître, puisque aimer l'art c'est aimer l’Ensemble dont chacun d’entre nous n’est qu'une fraction infinitésimale.

En dernier lieu le développement artistique fait faire à celui qui en est l'objet une découverte qui révolutionne complètement sa vie.

Les artistes qui ont cette vision sont non pas d'une époque, mais de toutes les époques ; un monde idéal les entoure, répandant ses lueurs multicolores sur les événements brumeux de ce bas monde.

Ce monde idéal est constamment autour de nous, bien que seuls les grands artistes puissent nous dire ce qu'il est dans sa grandeur et sa totalité. - Tout homme peut néanmoins en obtenir une échappée dans la mesure où il exerce ses sentiments, à la pureté, à la compréhension et à la sympathie.

Un enfant ,avec son coeur pur et ses mains innocentes, peut obtenir une échappée sur ce monde, et devenir pour l’instant un véritable artiste.

On en voit les reflets dans la couleur des nuages, l'azur de la mer, le rugissement des flots. Les montagnes le reflètent, et dans chaque lac, chaque mare, dans les champs au crépuscule, dans la forêt et taillis, ce monde regarde dans nos coeurs et nos âmes.

Le visage des amis et des êtres chéris en est le miroir; les harmonies de la musique nous en parlent avec une insistance presque affolante.

La grande Réalité, dans laquelle notre nature immortelle prend sa racine n'est pas lointaine, destinée peut-être à être reconnue seulement après la mort; elle est ici, et dès maintenant source de toute consolation comme aussi de toute souffrance et de, la mort. Et l'art possède la clé qui en ouvre la porte à tous ceux qui la cherchent. »

C. Jinarajadasa